On annonçait cette semaine la participation de Mark Cavendish au Tour du Qatar, une course dominée ces dernières années par une autre mégastar du sprint, l’extravagant Tom Boonen. Or, depuis l’avènement officiel de Cavendish au rang de top-sprinteur – autrement dit depuis ses quatre victoires d’étape au Tour de France – les deux hommes n’ont pas eu l’occasion de s’affronter. Et quoique le Tour du Qatar ne soit qu’un petite course de début de saison que les coureurs utilisent pour «construire» leur forme, on en attend pas moins qu’elle révèle le Roi du sprint.
En cinq participations, Tom Boonen s’est adjugé 14 victoires d’étapes et a remporté deux fois le classement cumulatif. C’est une course qu’il a pris l’habitude de disputer et sur laquelle il a toujours eu beaucoup de chance: pas une seule fois il s’aligna au départ pour repartir bredouille. Or, comme on estime en général que Cavendish est plus rapide que le géant belge, tous ces beaux succès pourraient rester sans écho cette année.
L’Anglais, qui a connu une saison 2008 exceptionelle, fait preuve d’une vélocité et d’une explosivité dont Boonen ne dispose pas. Depuis ses victoires au Giro d’Italie, il passe pour être imbattable dans le 200 derniers mètres. Les avantages de Boonen face à Cavendish sont sa force et son endurance: il possède une stature beaucoup plus imposante que celle de l’Anglais, qui lui permet de maintenir des vitesses frôlant les 70km/h sur plus de 300 mètres.
Avec chacun de leur côté des équipiers très capables de les emmener à la victoire, les deux hommes semblent entamer la compétition à forces égales. Le contre-la-montre par équipe pourrait-il faire pencher la balance à l’avantage de Cavendish, dont les coéquipiers sont plus versés en cette discipline que ceux de Boonen? Pour ma part, je crois qu’il est trop tôt encore pour départager, car leurs formes respectives sont loin d’être optimale. Il faudra pour cela attendre le Tour - si d’autres affaires douteuses ne rattrappent pas Boonen avant juillet!