J’ai suivi cette semaine le Tour de Californie en ligne sur le site web officiel de l’épreuve. Parce que nos merveilleux réseaux de ‘’sports’’ canadiens, tels que RDS et OLN, préfèrent présenter des reportages de chasse et pêche, des tournois de poker, des combats de lutte et des compétitions d’hommes forts plutôt qu’une course de vélo. J’te dis l’poker. Méchant sport, ça. Le Tour de Californie, c’est une des seules courses de calibre international en sol américain. Elle était diffusée dans 90 pays à travers le monde, parmi lesquels la Serbie, l’Oman ou encore l’Azerbaïdjan (!). Mais au Canada, rien, aucune chaîne n’a songé à diffuser la compétition. Des plans pour que j’reparte en Allemagne.
En tout cas. Au moins, comme je l’ai mentionné, le site officiel du Tour permettait un suivi live de la course en vidéo et publiait – plus ou moins régulièrement – les statistiques de course. Ainsi, j’ai pu être témoin de cette Lance-o-mania qui sévit depuis le Tour Down Under et à laquelle on peut attribuer les records d’assistance qu’a connu la course cette année, malgré le mauvais temps.
Les Américains ne doivent pas savoir qu’Astana n’est pas le nom d’une marque américaine quelconque, mais plutôt le nom de la capitale du Kazakhstan. C’est vrai qu’ils ne doivent pas savoir non plus que le Kazakhstan est un pays. N’empêche que je trouve ça bizarre qu’ils n’aient pas encore insisté pour faire changer le sponsor de l’équipe. Austin au lieu d’Astana, tiens, ça fait déjà plus américain.
Parlant de Lance, je ne sais pas trop quoi penser de sa performance. Une 14eme position au contre-la-montre de Solvang, c’est pas mal en-dessous du niveau auquel il nous avait habitués. Il a été lâché dans la montée de la dernière étape : son coéquipier Levi Leipheimer y a été isolé! Lance est-il seulement en train de «construire sa forme», comme on dit? Je ne sais pas ce qu’il a derrière la tête, avec son comeback, mais pour être franche, ça titille de plus en plus ma curiosité.
Je voudrais souligner l’excellente performance des équipes nord-américaines qui ont peu d’expérience sur le circuit professionnel international, les équipes Garmin-Slipstream et Cervélo TestTeam, chacune d’elle ayant empoché une victoire d’étape. David Zabriskie, de chez Garmin, a démontré non seulement qu’il n’avait rien perdu de son talent au contre-la-montre, mais a aussi prouvé qu’il s’était amélioré côté grimpe, s’étant même permis de suivre les meilleurs en montagne. Chez Cervélo, on voulait mettre au point le lead-out de Thor Hushovd. Le Norvégien ayant remporte le premier sprint de l’épreuve, on peut penser que c’est mission accomplie. Cependant, Hushovd devra mettre les bouchées doubles s’il veut faire oublier Cavendish cette saison, car l’Anglais a le vent dans les voiles. Déjà quatre victoires en 2009. En deux courses, s’il- vous-plait. Combien encore cette saison, d’après vous?
Je change un peu de registre, mais je tiens vraiment à parler de l’équipe Rock Racing, dont la présence sur le circuit professionnel m’insulte. Les Sevilla, Mancebo, Tyler Hamilton et autres dopés non-repentants de ce monde ne devraient pas être autorisés à réintégrer la compétition. C’est rire en pleine face du monde que d’accorder une licence à une telle équipe, qui fait preuve d’un manque de respect total envers les fans et les autres coureurs. Comment l’équipe peut-elle être crédible, avec un tel alignement? Quelle image renvoie-t-elle du sport? Même chose pour l’équipe OUCH, qui a engagé Floyd Landis. Le retour de ce dernier à la compétition était plus que grotesque. De quoi lever le cœur, vraiment. On pensait qu’en 2008, on avait fait un pas en avant dans la lutte envers le dopage, après l’année noire que fut 2007, mais quand on voit des choses comme ça, aujourd’hui, on s’aperçoit qu’on a peut-être même reculé, finalement.